Préserver sa santé et son autonomie : le rôle clé de l’ergothérapie
le 26 mars 2026Entretien avec Amélie Wallyn, une ergothérapeute passionnée qui a développé la Méthode MALO, un outil innovant destiné à stimuler les fonctions cognitives des seniors.
Découvrez son parcours, l'importance de l'ergothérapie, et comment la Méthode MALO peut aider à maintenir l’autonomie des personnes âgées. Elle nous partagera aussi ses conseils pratiques pour préserver la mémoire des seniors. De la détection des premiers signes de troubles cognitifs à l’adoption de bonnes habitudes quotidiennes, elle vous proposera des solutions concrètes pour maintenir les capacités cognitives des personnes âgées.
Pouvez-vous nous parler du métier d’ergothérapeute ?
Le métier d’ergothérapeute est très vaste et s’adresse à un large public, incluant les enfants, les personnes âgées, ou encore les personnes souffrant de troubles mentaux ou de handicaps physiques. Lorsqu’il intervient auprès de personnes âgées, l’ergothérapeute commence par un bilan pour évaluer les capacités de la personne. Ensuite, il procède à la rééducation pour aider à récupérer les capacités initiales après une maladie ou une chute par exemple. Si toutes les capacités ne peuvent être retrouvées, il va alors procéder à la réadaptation, en mettant en place des stratégies de compensation (l’adaptation du logement par exemple) afin de faire les choses autrement avec les capacités que la personne a. L’objectif principal est de garantir l’autonomie de la personne, soit par la récupération de ses capacités, soit par l’adaptation de l’environnement à ses capacités actuelles. Une situation de handicap est définie par l’inadéquation entre les capacités de la personne et son environnement qui ne lui permet pas de continuer à faire ses activités. En adaptant l’environnement et la situation à la personne, on vient finalement éliminer la situation de handicap. L'ergothérapeute intervient dans divers lieux, tels que les EHPAD, à domicile pour la prévention des chutes et l'aménagement du domicile, ainsi qu'auprès des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, que ce soit au début ou à la fin du trouble. En somme, l'ergothérapeute peut agir dans un large spectre de cas
Pouvez-vous nous parler de vous, qu’est-ce qui vous a mené à l'ergothérapie ?
J’ai toujours voulu exercer dans le domaine de la santé. J’étais très attachée et très proche de ma grand-mère, qui avait des problèmes cardiaques. Enfant, je voulais donc devenir cardiologue mais en grandissant j’ai changé de piste. Je me suis intéressée au métier d’ergothérapeute car il permet d’intervenir sur la personne dans sa globalité. On ne se concentre pas seulement sur un membre lésé, mais on aide à rééduquer ce membre tout en adaptant le domicile de la personne. Par exemple, on réfléchit à comment elle pourra cuisiner, se laver, et comment ses pourront la stimuler au quotidien. L’ergothérapeute intervient de manière globale, et cet aspect m’a beaucoup plu.
Et de ce métier, comment en êtes-vous venu à la création de votre méthode de stimulation cognitive, la Méthode MALO ?
La santé mentale et bien-être psychologique m’ont toujours beaucoup intéressée. J'ai donc travaillé en psychiatrie et me suis formée à la stimulation cognitive, car mes patients avaient souvent des capacités cognitives altérées et étaient dévalorisés à cause de leur diagnostic. Je souhaitais les revaloriser par la stimulation cognitive. Parallèlement, le grand-père d'une amie avait des troubles cognitifs et refusait les soins, car il n'en avait pas conscience. J'ai alors créé de nombreuses activités pour qu'elle puisse stimuler cognitivement son grand-père. À son décès, nous avons décidé de ne pas perdre ce travail, qui pourrait servir à d’autres aidants dans le même cas que mon amie. Nous avons créé la Méthode MALO, en cherchant à effectuer un travail aboutit afin que l'aidant soit complètement autonome en l'utilisant.
J'ai également rejoint une équipe spécialisée Alzheimer, intervenant auprès de personnes récemment diagnostiquées, avec une maladie légère à modérée. Nous proposions 15 séances par an et outillions les aidants. J'ai constaté que les aidants manquaient parfois de soutien, faute de place chez les orthophonistes ou autres spécialistes. La Méthode MALO est alors apparue comme une solution pour aider ces personnes. Après un grave accident avec traumatisme crânien et une période de coma, j'ai été arrêtée et suis restée longtemps à domicile. C'est à ce moment-là que je me suis concentrée à 100 % sur la Méthode MALO. J'interviens également pour des formations au sein d'associations ou d'EHPAD.
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